Everite désigne de nos jours de manière courantes des plaques ondulées en fibrociment, utilisées en tant que matériau de couverture. Les plus anciennes, en particulier celles installées avant 1997, comportent le risque de contenir de l'amiante. Substance toxique, elle est frappée d'interdiction en France depuis le 1er janvier 1997. Cependant, une analyse en laboratoire uniquement permet d'en avoir la confirmation. En attendant le résultat, évitez de percer, de découper ou de nettoyer vos plaques au jet haute pression.

Everite, une marque devenue un nom commun

A l'origine, le terme Everite est une marque qui a produit et commercialisé des plaques ondulées en fibrociment. Avant l'interdiction de l'amiante, l'usage de ce matériau composite a été largement répandu pour couvrir les bâtiments agricoles, les hangars, les appentis et les garages. Ce qui a parfois conduit à une confusion entre la marque et le matériau. Le nom « Eternit » est aussi utilisé pour désigner cette solution de couverture.

En d'autres termes, une tôle Everite ne fait pas nécessairement référence une tôle métallique. Dans l'usage courant, cette expression renvoie à une plaque en fibrociment avec un profil ondulé. La question essentielle concerne ainsi la détermination de sa date de fabrication et sa communication. Ce point revêt une importance capitale avant que vous n'envisagiez une quelconque intervention sur votre toiture : réfection, rénovation, dépose, etc.

Votre toiture Everite contient-elle de l'amiante ?

Le repère de la date

Le décret N° 96-1133 du 24 décembre 1996 instaure l'interdiction de l'amiante à partir du 1er janvier 1997. Toute toiture Everite antérieure à cette date est donc susceptible d'en contenir. La date du permis de construire du bâtiment représente le premier repère. Néanmoins, elle ne suffit pas pour établir la composition des plaques. Inversement, l'apparence de la couverture ne permet pas de conclure à la présence ou non d'amiante.

Les indices visuels et leurs limites

Certains indices visuels fournissent des pistes pour identifier un matériau de couverture. Cela peut s'agir de la teinte, de l'aspect du fibrociment ou du profil des ondulations. Un éventuel marquage sous une plaque constitue aussi un indice. Toutefois, ces différents éléments n'offrent pas de certitude sur l'absence ou non d'amiante. Deux plaques peuvent présenter un aspect similaire tout en ayant des dates de fabrication et des compositions différentes. La règle consiste à ne jamais affirmer qu'elles contiennent ou non d'amiante sur la seule base des indices visuels.

La seule réponse fiable, l'analyse en laboratoire

Avant de vous lancer dans des travaux qui risquent d'exposer les travailleurs à l'amiante, procédez à une recherche préalable adéquate. Cette obligation, définie par le Code du travail, vous incombe en tant que propriétaire donneur d'ordre ou au maître d'ouvrage. Ce repérage avant travaux requiert une analyse en laboratoire, à partir d'un prélèvement effectué par un opérateur certifié. Il constitue la seule démarche fiable pour identifier et localiser les matériaux qui contiennent de l'amiante.

Ce qu'il ne faut jamais faire sur une toiture en fibrociment ancienne

Les articles R.4412-94 et suivants du Code du travail encadrent les interventions sur les matériaux susceptibles de contenir et d'émettre des fibres d'amiante. Tant que la composition de vos plaques de toiture n'est pas déterminée, il convient de ne pas les toucher au risque de les dégrader :

  • Nettoyer au nettoyeur haute pression : l'action mécanique détériore la surface et favorise la dispersion de fibres.
  • Brosser, gratter ou poncer : l'abrasion attaque directement le matériau.
  • Découper ou percer : ces opérations produisent des poussières et libèrent des fibres.
  • Casser des plaques : la rupture dégrade fortement le matériau.
  • Marcher directement dessus : les plaques anciennes sont fragiles et peuvent se rompre.
  • Jeter les débris avec les déchets courants : les déchets qui contiennent de l'amiante suivent une filière réglementée.

Si la couverture doit être rénovée, une solution consiste à réaliser une surtoiture sur fibrociment sans intervenir directement sur les plaques existantes.

Entretenir une toiture Everite récente, posée après 1997

Même si l'absence d'amiante est établie, faites tout de même une surveillance régulière de votre toiture en fibrociment. Un entretien en bonne en bonne et due forme consiste en un contrôle de l'état général de la couverture, des fixations et des recouvrements. Cherchez aussi une éventuelle apparition de signes de porosité ou de mousses.

La réalisation d'un démoussage approprié dépend de l'état du produit et des prescriptions applicables. Par ailleurs, il convient de surveiller les points singuliers de votre toiture et les plaques fragilisées ou fissurées. Faites-la inspecter par un professionnel pour déterminer si une rénovation devient nécessaire ou un simple entretien suffit

Recouvrir plutôt que déposer : le principe de la surtoiture

Recouvrir une toiture amiantée en toute sécurité ne signifie pas forcément déposer les plaques. Si la configuration du bâtiment et l'état du support l'autorisent, la surtoiture permet de poser une nouvelle couverture au-dessus de l'existante. Cette option réduit les opérations susceptibles de libérer des fibres d'amiante et l'ampleur des travaux. La mise en œuvre demande de respecter plusieurs étapes, détaillées dans notre guide étape par étape de la surtoiture isolante.

Des systèmes spécifiques sont conçus pour recouvrir une toiture amiantée sans dépose. Parmi ces solutions figure le système Onduclair Renov FC, à fixation non traversante, conçu pour rénover ce type de couverture sans percer les plaques existantes. La surtoiture assure en prime la sécurité des travailleurs en limitant l'exposition aux poussières et aux fibres d'amiante. Beaucoup moins onéreuse qu'une réfection complète, elle est plus facile à mettre en œuvre.

Remplacer les plaques d'éclairement translucides

Il arrive qu'une toiture Everite comporte des plaques d'éclairement translucides pour améliorer la luminosité à l'intérieur. Ces éléments jaunissent avec le temps et perdent leur capacité de transmission lumineuse. Leur remplacement reste possible dans le cadre d'un projet de rénovation global pour restaurer l'éclairage naturel du bâtiment.

Onduline dispose d'une gamme de plaques d'éclairement Onduclair pour mener à bien vos travaux. En fonction de la nature de votre projet, vous avez aussi la possibilité de rénover votre toiture avec des plaques sous tuiles. Ells assurent une étanchéité parfaite et prévient les risques de fuites ou d'infiltrations d'eau.

Que deviennent les plaques déposées ?

La dépose d'une toiture amiantée relève de la seule compétence d'une entreprise qualifiée et d'une filière adaptée. Les déchets issus du chantier font l'objet d'une traçabilité spécifique. D'abord, la règlementation impose l'établissement d'un bordereau de suivi. Ensuite, ils rejoignent une installation spécialisée dans le traitement de la catégorie de déchets concernée. Un projet de rénovation d'envergure, comme un chantier de 4 200 m² de toiture amiantée, nécessite un diagnostic, l'intervention de professionnels certifiés et une gestion réglementaire des déchets dès sa phase de préparation.

FAQ

  1. Comment savoir si une toiture Everite contient de l'amiante ?

Le premier moyen consiste à connaître la date de construction du bâtiment. Le second concerne la présence de certains marquages qui constituent des indices. Pour autant, seule la réalisation d'une analyse en laboratoire permet de confirmer la présence ou non d'amiante. L'intervention d'un opérateur certifié est obligatoire pour le prélèvement.

  1. Everite et Eternit, est-ce la même chose ?

Les deux sont couramment associés aux plaques de fibrociment utilisées en couverture. Everite et Eternit peuvent ainsi servir à désigner des produits avec des apparences similaires. Cependant, le nom ou l'aspect d'une plaque de couverture ne permet pas de déterminer sa composition exacte ou d'affirmer la présence d'amiante.

  1. Peut-on recouvrir une toiture Everite sans la déposer ?

La surtoiture reste une solution envisageable, mais uniquement dans certaines configurations. Elle consiste à conserver la couverture existante et la recouvrir grâce à la pose d'un nouveau matériau. Elle dépend essentiellement de l'état du support et de celui du bâtiment. Seuls des professionnels habilités peuvent intervenir en cas de présence d'amiante.

  1. Que dit la réglementation sur l'amiante des toitures ?

En France, l'interdiction d'utiliser de l'amiante date du 1er janvier 1997. Le Code du travail définit aussi un cadre strict pour les travaux de retrait et d'encapsulage, ainsi que toutes interventions susceptibles d'engendre des émissions de fibres. Ces opérations doivent être précédées d'un repérage préalable par un professionnel certifié.

  1. Peut-on nettoyer soi-même une toiture en fibrociment ?

Non, s'il s'agit d'une toiture ancienne susceptible de contenir de l'amiante. Le nettoyage mécanique, le brossage ou le jet haute pression risque de dégrader le matériau. Ce qui favorise l'émission de fibre en cas de présence d'amiante. La démarche à suivre consiste d'abord à faire identifier la composition des plaques par un professionnel compétent.